Bernard Schaeffer

Essentiellement les sciences physiques, relativité, mécanique quantique, biomécanique, environnement, économie…

jeudi 12 février 2009

La vérité sur la radioprotection

Une dose totale de 5 Sv est mortelle. Une dose locale de 7 à 10 Sv ne donnerait qu'une cloque. Une dose de 0,2 Sv rend malade: on risque de mourir précocement. La dose reçue à Paris (0,1 μSv/h) durant toute une vie est inférieure à 0,01 Sv: on meurt normalement. Voilà toute l'échelle.

Unités de mesure

La mesure de la radioactivité se fait généralement à l'aide d'un compteur Geiger constitué d'un récipient contenant un gaz qui devient conducteur de l'électricité lorsqu'une particule ionisante le traverse. On peut entendre, visualiser et compter les particules. J'utilise un Quartex qui n'est plus commercialisé. Il est remplacé par le Radex, celui-là même qu'utilisait Elise Lucet lors de son émission "Pièces à conviction" du 11 février 2009   sur les déchets radioactifs abandonnés dans la nature.

Les unités utilisées en radioprotection varient d'un document à l'autre.  Les plus utilisées sont les micro-sievert par heure ou μSv/h (appareils de mesure) et les milli-sievert par an ou mSv/an (textes légaux, soit environ 10 fois les μSv/h). Limitons-nous aux photons: rayons X ou γ où 1 gray = 1 sievert. Lorsqu'on utilise un compteur Geiger, il faut vérifier que les unités sont bien des μSv/h en comparant la mesure de la radioactivité naturelle (0,1 μSv/h à Paris) aux données officielles pour éviter toute erreur d'échelle.

Le plus simple est de raisonner en multiples de la radioactivité naturelle qu'on obtient en faisant une mesure avec son propre appareil dans un endroit non contaminé. Les appareils courants saturent à 100 fois la radioactivité naturelle.

Quand on dit que la période radioactive est de 30 ans, cela veut simplement dire que si on a 2 g de matière radioactive à l’instant zéro, c’est comme si on avait encore 1 g au bout de 30 ans. La radioactivité n'aura baissé que de moitié et ainsi de suite tous les 30 ans.

Doses naturelle et légale

D'après le dossier CEA "La radioprotection" (1996), la radioactivité naturelle en France varie de 1,5 à 6 mSv/an (0,17 à 0,68 μSv/h). Pour simplifier et avoir une valeur approximative, on passe des μSv/h (valeurs données par les appareils de mesure) aux mSv/an (valeurs données dans les textes) en multipliant par 10. C'est-à-dire qu'une mesure de 0,1 μSv/h, valeur que j'ai mesurée à Paris, correspond à 1 mSv/an et à 0,1 Sv sur une vie centenaire. 

Dans de rares régions (plage de Varkala, Kerala, Inde) la dose peut atteindre 200 fois la normale (information CEA, Clefs n°48) soit dix fois la dose légale annuelle de 20 mSv/an à ne pas dépasser pour un travailleur . En un siècle de vie, cela fait 2 Sv, la dose mortelle étant de 5 Sv. Pour le grand public, la dose de radioactivité industrielle ne doit pas dépasser la dose de radioactivité naturelle, soit 1 mSv/an ou 2 mSv/an en tout. Un citoyen lambda a droit à 0,2 Sv s'il vit un siècle. On peut presque dire que c'est la radioactivité qui nous empêche de vivre au-delà d'un siècle d'existence.

Lorsqu'on est exposé temporairement, on multiplie la radioactivité ambiante par le temps d'exposition.  On compare la valeur obtenue à la dose mortelle de 5 Sv, à la dose de 0,5 Sv rendant malade et à la dose normale durant une vie centenaire de 0,1 Sv.

Sous-marin russe K19

Selon une émission de télé, la radioactivité dans le sous-marin suite à une fuite était de 1.000  roentgen (Rt ou rem) soit 10 Sv/h ou 100 millions de fois la radioactivité naturelle. Les ouvriers qui ont soudé le tuyau sont morts rapidement (la dose mortelle est atteinte en une demi-heure dans ces conditions. L'officier qui a fait rapidement la mesure (en une minute il attrape 0,2 Sv) a survécu.

Hiroshima

D'après l'IRSN, "dans l'étude de cohorte des survivants d'Hiroshima et Nagasaki, la significativité d'une augmentation du risque de cancer se discute sur la plage 50-200 mSv". Avant toute statistique détaillée sur les différents types de cancer, il est indispensable de connaître la proportion de cancers parmi les décès.

Service de métallurgie de Saclay

Au service de métallurgie de Saclay, selon l'IPSN, 50% au moins des décès sont dus au cancer, alors que la moyenne française est de 32% pour les hommes et de 27% pour les femmes. Les 50% sont en réalité minorés car seuls 71% ont été exposés à des rayonnements ionisants et la cause du décès est inconnue pour 14%. Les auteurs du rapport ( Note SEGR/LEADS/98-01 de l'IPSN non destinée à être publiée, et pour cause) ne donnent pas les chiffres bruts qui permettraient de séparer les personnels suceptibles d'être irradiés des personnels de bureau.

Ce sont les mêmes mensonges que profère AREVA appuyée par l'IRSN, successeur de l'IPSN, à qui on ne peut faire confiance. Ils ont toutefois été obligés de me fournir le document ci-dessus car il avait été cité dans une publication. C'était sans doute une erreur. Ils se contentent généralement d'affirmations gratuites sans preuve.

Sécurité des centrales nucléaires

Le risque d'accident majeur de la centrale de Flamandville a été porté à une probabilité de un sur 10 millions. La probabilité d'impact d'un avion commercial sur une centrale nucléaire est encore dix fois plus faible d'après Contrôle, revue de l'Autorité de Sûreté Nucléaire, numéro 142 page 77, daté de septembre 2001… L'ASN a cessé de publier des documents papier, trop compromettants.

Mine d'uranium en Australie

Un Japonais a mesuré dans une mine australienne  0,86 μSv/h pour une radioactivité normale de 0,04 μSv/h soit 20 fois la normale. Pour 2.000 heures d’exposition par an (valeur officielle de la CRAM), on peut multiplier 0,86 μSv/h par 2000, de qui donne 1,72 mSv/an inférieure à la limite légale de 20 mSv/an. Une ouvrière (cette usine emmploie bizarrement essentiellement des femmes) de cet atelier a, au bout de 30 ans, subi une irradiation totale de 50 mSv, le centième de la dose mortelle. J'ai fait des mesures au même endroit, dans le bus visiteurs, avec mon propre compteur Geiger. J'ai trouvé le triple, soit 30 fois la normale.

Appareils grand public radioactifs

Il existe toujours des boussoles (j'en ai une de mon père qui me sert pour tester mon geiger) et montres  lumineuses, des détecteurs de fumée ou autres objets radioactifs dont la vente a été interdite, oubliés dans les tiroirs. Des montres lumineuses au tritium seraient toujours en vente, sans danger, paraît-il, car le rayonnement ne traverse pas la vitre. Mais quand elle casse? Il y a aussi les paratonnerres radioactifs qui devront être déposés avant 2012 mais y a-t-il un suivi? Je vérifierai chez un de mes anciens voisins (il travaillait sur un ancien site du CEA…) qui en a installé un sur son toit il y a plus de 30 ans. Ses voisins (et sans doute aussi un futur propriétaire) ne sont pas au courant de cette radioactivité.

Musée de Minéralogie de la faculté de Jussieu

Au Musée de Minéralogie, devant les vitrines contenant des minéraux cadeaux de la COGEMA et de TOTAL, la radioactivité dépasse 100 fois la radioactivité naturelle à Paris de 0,1 μSv/h. La limite annuelle autorisée pour le public, de 1 mSv est atteinte en 10 h de présence devant la vitrine. Les intérimaires étudiants, qui n'ont pas de détecteur, ont droit à une dose de 20 mSv/an, atteinte au bout de 200 h. Ils font 20 h par mois pendant 2 ans, soit 240 h en tout. Ils ne dépasseraient la limite autorisée que s'ils restaient constamment devant ces vitrines. Ces blocs radioactifs ont été retirés, paraît-il, pour faire de la place à l'exposition sur les météorites. La radioactivité y dépasse encore 30 fois la normale.

Les boutons radioactifs

L'entreprise MAFELEC a reçu 3 tonnes de colis radioactifs provenant d'Inde, de nature et d'origine non précisées (pourquoi si on n'a rien à cacher?) sans doute en acier pouvant provenir via LAXMI Steel, filiale de Mittal, du Niger où le CEA laisse traîner des ferrailles radioactives. Sur un poste de travail de MAFELEC, la radioactivité est de 50 μSv/h, soit 500 fois la radioactivité naturelle à Paris, de 0,1 μSv/h. Pour 1000 heures de travail par an cela fait 50mSv soit 1% de la dose mortelle.  L'ASN donne des chiffres de 3 mSv… C'est un incident de niveau 1 selon l'ASN reclassé depuis en niveau 2 en raison de l'exposition de plus de dix personnes à des expositions dépassant la limite réglementaire. Il y a eu de la négligence aussi bien à Roissy, où le déclenchement du portique de sécurité n'a pas été signalé, que chez le fabricant. Ce sont en fait les clients Américains qui ont détecté la radioactivité!

Incident (sic) lors de la réintroduction d’une source

Au cours d'une manœuvre de rentrée de la source scellée d'Ir 192 de 0,851 TBq (mille milliards de becquerels) utilisée en gammagraphie, le câble s'est désolidarisé du porte-source. Monsieur A (opérateur CAMARI) a reçu un équivalent de dose corps entier de 155 mSv (dans l'hypothèse où la source aurait été au contact du corps, cette valeur serait à multiplier par trois au moins). Cela fait pratiquement 0,2 Sv pour une source de 1TBq (un million de millions de désintégrations). Il a eu une lymphopénie.

Exposition interne

Ce qui précède n'est pas valable lors de l'absorption de substances radioactives où la radioactivité s'exerce à l'intérieur du corps et pour laquelle il n'y a pratiquement pas de remède. Il faut donc, sauf nécessité médicale, éviter de toucher, respirer ou avaler des substances radioactives. En buvant du vin datant de 1963 (maximum des explosions nucléaires) ou de 1986 (Tchernobyl), on boit aussi du césium 137 radioactif. Les vins "Coteaux du Tricastin" vont changer de nom suite aux événements récents sur le site nucléaire du même nom. Plus sérieusement, signalons le radon qu'on respire et qui s'incruste dans les poumons, le strontium dans les os et l'uranium on ne sait où. Il y a aussi l'ingestion de technetium utilisé dans les scintigraphies où on ingère une dose de près d'un milliard de becquerels qui produisent une radioactivité ambiante de 100 fois la radioactivité naturelle pendant quelques jours. La dose reçue par les proches du patient serait toutefois inférieure à la limite légale. Le technetium ne se fixerait pas dans le corps car c'est un élément artificiel.

Protéger les voies respiratoires par port de masque ou appareil autonome.
Protéger le corps par l'utilisation de vêtements de protection adaptés.

Voir aussi l'article de l'université de Rennes qui donne un grand nombre de cas d'irradiation.

Médecine et radioactivité

Signalons l'usage des radiographies par rayons X qui ont des effets analogues à ceux de la radioactivité gamma. Une autre application médicale est la scintigraphie (voir plus haut). La radioactivité serait bénéfique en faible dose, cela s'appelle l'hormésis, comme à Münster, en Allemagne, à Posčetrtek, en Slovénie et ailleurs où on peut faire des cures de radon. A une certaine époque on faisait des cures thermales d'eau rendue artificiellement radioactive à la station thermale de Spa, en Belgique.

Pour fixer les idées:

La radioactivité naturelle est de 0,1 μSv/h. La dose reçue naturellement durant toute une vie centenaire est de 0,1 Sv. On peut penser que le vieillissement est du à la radioactivité…

Sur certains postes de travail, on atteindrait 500 fois la radioactivité naturelle ou 50 μSv/h soit la dose mortelle au bout d'un an de travail. Comme on ne reste au maximum sur un poste qu'une demi-douzaine d'heures par jour, on atteint la dose mortelle au bout de 4 ans. A confirmer.



Les perles du lobby nucléaire

Voici quelques âneries proférées dans le passé et le présent  par le lobby nucléaire:

L'hydrogène: des perspectives intéressantes pour se substituer en partie aux énergies fossiles (le nucléaire n'est donc pas une énergie fossile?) constitue une alternative. D'où vient donc l'hydrogène? de l'eau bien sûr, puisque c'est une source inépuisable. Avec quelle énergie extraira-t-on l'hydrogène de l'eau? Mais c'est bien sûr, des centrales nucléaires.

Le directeur d'Areva Tricastin, Hugues Blachère, reconnaît que la nappe phréatique est contaminée (pardon, marquée) par de l'uranium mais il ne sait pas d'où il vient… Avec des gens comme çà, on ne sait pas où on va. Ce n'est qu'à cause de la "dimension émotionnelle" des incidents du Tricastin, qu'AREVA va dépenser 20 millions d'euros malgré "la banalité de ces alertes" de 2008. AREVA se moque du monde.

Le Ministre Alain Richard avait prétendu  que l'uranium appauvri était sans danger. On ne l'a plus entendu plus depuis que le contraire est généralement admis.  75% de notre énergie est nucléaire, Roselyne Bachelot, alors ministre de l'environnement; en fait il ne s'agit que de l'électricité.

On a dû rajouter au Charles de Gaulle, "notre dernier porte-avions, un gadget à trois milliards que vous pouvez mettre au rebut tout de suite" (Charpak), 3 tonnes de protection contre les radiations, ce qui prouve qu'on ne sait pas évaluer correctement le rayonnement émis par les générateurs nucléaires. Le rayonnement neutronique était "5 à 10 fois plus que ce qui était attendu". Les employés du CEA prétendaient que le problème était dû à un changement dans la règlementation européenne…

Les fusées de la force de frappe devaient être propulsées avec un propergol dopé à la nitroglycérine! On imagine des tonnes d'explosif sensible à côté de plusieurs bombes H dans le port de Bordeaux ou de Brest. Heureusement, ce projet de Dr Folamour a été abandonné. Une société nationale françaises, du temps du shah, a fourni la technologie des fusées à l'Iran, les américains ayant fourni la technologie nucléaire qui va avec. Maintenant, on a peur de l'Iran, c(est ce qu'on appelle un retour de manivelle!

Le directeur de la centrale EDF dite "Tchernoblaye", à la télé,  prétendait sans rire que sa centrale résistait à une vague millénaire, alors qu'elle venait d'être envahie par les eaux. Les centrales sont protégées contre les avions, certes, mais uniquement les coucous et surtout pas les gros porteurs. En 2001, juste avant le 11 septembre, la probabilité d'impact était évaluée à un millionième pour les avions de masse supérieure à 5,7 tonnes, donc négligeable soit, en langue de bois de l'EDF: "Le standard n'est donc pas dimensionné au chargement correspondant". Malgré cette erreur, on se limite encore à 700km/h alors que la moindre fusée est supersonique. Aucune amélioration des protections ne semble avoir été réalisée depuis.
    
La pile Zoé à Fontenay-aux-Roses avait une journée portes ouvertes il y a quelques années; depuis plus rien. Les rayonnements qui sortaient de la pile étaient faibles (je les ai mesurés). Pourtant, à côté, des minerais étaient présentés, avec une émission  cent fois supérieure que j'ai mesurée au compteur Geiger. J'ai interrogé par écrit le directeur du CEA de Fontenay-aux-Roses. Cela fait des années que j'attends la réponse que le responsable communication m'avait promise par écrit.  Le responsable communication d'Areva reconnaît qu'il n'a pas répondu aux questions d'Elise Lucet. Sans doute aurait-elle du attendre sa réponse pour boucler l'émission "Pièces à conviction" du 11 février 2009" …  "Attaché au dialogue" il ne répond toujours pas au problème de l'eau radioactive de Limoges.

Le problème des travailleurs précaires du nucléaire reste entier, d'après un reportage télévisé. Le musée de Minéralogie de la Faculté des Sciences de Jussieu emploie des étudiants qui se font irradier par des cailloux, cadeaux de Total et du CEA  (le détecteur sature, soit 100 fois la radioactivité naturelle). Même problème à l'Ecole des Mines où le responsable du musée de Minéralogie m'a répondu que le Quartex (l'appareil que j'utilise pour mesurer la radioactivité) est trop sensible.

Comme l'a dit un nucléocrate, "le plutonium c'est naturel" ; la cigüe, poison utilisé par les grecs est tout aussi naturel. C'est comme l'uranium appauvri, moins dangereux que l'uranium naturel, donc pas dangereux du tout.     

La longévité des travailleurs du nucléaire, supérieure à celle du Français moyen. Bien sûr car le personnel des bureaux est dans le lot. Les travailleurs du centre nucléaire du Bouchet (on y voit la photo du laboratoire où j'ai travallé dix ans sur les poudres et les explosifs) travaillaient dans une ambiance si radioactive que les photos étaient voilées (reportage de 1949, dans Jeudi-Matin). D'après un témoin, nombreux sont ceux qui sont morts jeunes.  D'ailleurs un ancien directeur (membre de la SFEN) a reconnu "qu'à l'époque on était peu regardant". Le CEA ou l'IPSN ne donnent aucune information sur le Bouchet. D'après l'IPSN, la mortalité des travailleurs du service de métallurgie de Saclay, ne présente pas de pic en 83-84. Et pour cause, la courbe est cumulative! De plus, à la voir, on croit qu'il y a un grand nombre de résultats statistiques alors qu'en réalité il n'y en a que 44. J'ai donc tracé un graphique avec les données brutes et les barres d'erreur que Georges Charpak m'a demandé d'indiquer, ce que n'avait pas fait l'IRSN qui présente un diagramme bien lisse. En traçant le graphique par année, on obtient le résultat suivant:

Pic_de_mortalit_

Pourtant, ils reconnaissent que la moitié des décès sont dûs au cancer, alors que la moyenne française est de 25 à 30%. En fait le nombre est bien plus élevé car on n'a tenu compte ni des "causes inconnues" ni des "perdus de vue" mais on a inclu les personnels de bureau et autres non irradiés.  On trouvera un extrait du rapport de l'IPSN devenu IRSN ainsi que son résumé  dont la conclusion est que les résultats (minimisés au maximum) ne justifient pas l'impression des travailleurs (quel mépris!) d'un excès de cancers. Le CEA existant depuis plus d'un demi siècle, un bilan de santé des personnels (sans les personnels de bureau mais y compris les intérimaires et, pour les morts, leur âge au décès) est indispensable.

Je rappelle que le changement de nom de l'IPSN est dû aux cafouillages au moment de Tchernobyl. Cependant, le problème de la crédibilité de ce type d'organisme n'est pas résolu pour autant. Les rapports de l'ex IPSN, de l'ex OPRI, de l'ex SPRI ou de l'IRSN sont remplis de baratin mais les chiffres, lorsqu'ils ne sont pas truqués sont incompréhensibles et inexploitables. Les conclusions sont toujours obscures, du genre il va faire beau mais il risque de pleuvoir. Cela permet de prétendre qu'on n'a jamais dit que le nuage de Tchernobyl s'est arrêté à la frontière.

En Australie j'ai visité une mine d'uranium où, dans un atelier, la radioactivité était trente fois supérieure à la normale. Bizarrement, cette usine emploie essentiellement des femmes. Dans cette région appelée "Sickness country", nombreux sont les malades de la radioactivité. On prétend que ce serait dû au léchage des pinceaux utilisés par les aborigènes, sans doute à cause de la peinture radioactive utilisée pour les fresques préhistoriques…

En France, à Gif-sur-Yvette, au Domaine des Coudraies, près du Centre d'Etudes Nucléaires de Saclay, on fabriquait des montres phosphorescentes. Ces maisons, radioactives, où se faisait ce travail ont été vendues à des particuliers sans les prévenir du danger. Ils n'ont toujours pas été indemnisés. Pour le député du coin, membre du lobby nucléaire, "Les dossiers sont tous clos"; c'est tout dire…. car celui qui a découvert l'arnaque vient de mourir.

Même si nombre de craintes ne sont pas fondées, il ne faut pas s'étonner qu'on soit méfiant puisqu'on nous ment constamment. Tout le monde connaît l'histoire du nuage de Tchernobyl arrêté à la frontière. Les gens du CEA prétendent que ce n'est pas vrai, mais le ministère de l'Agriculture avait déclaré le 6 mai 1986 « Le territoire français, en raison de son éloignement, a été totalement épargné par les retombées de radionucléides consécutives à l’accident de la centrale de Tchernobyl. A aucun moment les hausses observées de radioactivité n’ont posé le moindre problème d’hygiène publique.»

Les organismes gouvernementaux chargés de contrôler le nucléaire sont nommés par lui et en sont généralement issus. L'argent gaspillé pour financer l'IRSN serait aussi bien utilisé pour équiper de matériel et de personnel scientifique les associations écologistes. Elles seraient financées par les régions, sans intervention du CEA ou de ses séides. J'ai pu constater que c'est le CEA qui fait les règlements légaux, prouvé par un mail qui m'a été envoyé par erreur lorsque j'essayais d'obtenir des renseignements sur l'irradiateur gamma du Génopole d'Evry ou Génoscope CEA.

 

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